Skip to content

Categories:

Entretien avec le Café du FLE - avril 2012

Le Café du FLE

avril 2012

Entretien avec Corentin Biette, Le Café du FLE

David Cordina – Directeur pédagogique del’Alliance française de Bombay


David Cordina – Entretien avec le directeur pédagogique de l’Alliance française de Bombay

david-cordina

Bonjour David, pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis à la base enseignant-certifié de lettres modernes, spécialisé dès le début de ma carrière en Français Langue Etrangère que j’ai pu enseigner en Turquie, en France et en Inde. J’ai une triple formation universitaire : enlittérature comparée, en didactique du FLE, et en sciences de l’éducation, plus précisément en ingénierie pédagogique multimédia, que j’ai étudiée à l’université Lille1 où j’ai travaillé durant 5 ans. Je suis, depuis septembre 2010, le directeur pédagogique de l’Alliance Française de Bombay.

Réseau sociaux, scoop.it , blogs, plateformes d’apprentissage… vos initiatives TIC sont nombreuses ? Pourriez-vous nous les présenter et nous donner leurs objectifs pédagogiques ?

Je parlerai uniquement des projets TIC pour la communauté de l’Alliance française de Bombay et non des miennes qui sont liées mais également plus diversifiées. Toutes nos initiatives numériques visent l’autonomie de l’apprenant. Nos souhaitons que nos étudiants construisent par eux-mêmes leur environnement numérique d’apprentissage. L’Alliance française doit leur offrir le plus de ressources et de services possibles pour qu’ils y trouvent des occasions d’apprendre. Voilà pourquoi nous développons une panoplie variée d’outils et de service en ligne : réseau social apprenant dédié (plus de 1500 bloggueurs sur l’outil Ning), conversations sur Twitter en français pour les plus motivés, portail et sitographie de sites et de ressources FLE (avec Netvibes), expérimentations pour les mondes virtuels 3D… Facebook nous est utile également pour notre communication culturelle et marketing.
Dans certains contextes, les TIC n’ont pas le succès escompté, pourquoi ?

De manière concrète que doit-on faire pour que “ça marche”?

Du côté des apprenants, il faut privilégier les projets où les étudiants puissent produire leurs propres contenus en créant des activités ouvertes (projets blogs, journal en ligne, réseaux sociaux, forum). Cela va, de plus dans le sens de l’approche actionnelle. Nous valorisons la création de contenus de la part des étudiants encadrée par les enseignants.
Du côté de l’institution, les projets numériques demandent au préalable une analyse du contexte (technique, humain, culturel) pour mesurer les possibilités d’investissement. Malgré la démocratisation des pratiques, chaque structure, chaque classe ou chaque enseignant doit suivre son propre rythme. Rien n’est à imposer. Il faut de la compréhension et dusoutien de la part de la direction, du temps de formation pour les enseignants, et de l’accompagnement pour toute la communauté : apprenants, (parents en cas d’apprenants mineurs), enseignants, direction.
La pérennité des projets se pose également, liés trop souvent à l’enthousiasme et la personnalité du chef de projet, souvent un enseignant créateur isolé.
Quel est pour vous le bon équilibre entre “le numérique et l’humain” ?


Cela dépend du niveau, des dispositifs et de la motivation d’apprentissage : si l’on prend le cas de semestre intensif d’étudiants dans un projet de mobilité internationale universitaire, la part des TIC, de l’autonomie et de l’écrit sera à renforcer. Je fais référence notamment à des étudiants dans la problématique des niveaux B1 et B2 (français à objectifs universitaires). Ici, le réseau (ainsi que d’autres outils de partage de contenus) est fortement utilisé.
Pour nos étudiants A1 en cours intensifs, le réseau social – premier outil de notre panoplie numérique – est moins utilisé car ce qui compte ce sont l’interaction humaine orale et l’expérience de la pédagogie communicative qui sont mises en avant.
En revanche, les étudiants de même niveau mais qui suivent un cours de week-end, utilisent plus le réseau qui poursuit l’expérience d’apprentissage. Chacun l’utilise selon ses besoins et attentes.

Qu’est ce qui retient votre attention en ce moment ?

En plus de l’animation des propres sites de l’Alliance Française de Bombay, j’aide au développement en ce moment desréseaux sociaux des différentes Alliances françaises en Inde (comme Delhi, Chennai, Bangalore…). Cette phase de démultiplication est soutenue par l’Institut français de Paris et par l’Ambassade de France en Inde. Je forme des directeurs pédagogiques et des enseignants aux métiers pédagogiques en ligne : animateurs de communautés apprenantes, enseignants en ligne, tuteurs…

Comment voyez l’apprentissage des langues dans 10 ans ?
Grande question d’anticipation !
Les lieux d’apprentissage changent, se modifient et deviennent mobiles. Les centres de langue devront s’adapter par une offre d’enseignement qui devra prendre des formes variées. Par une vision naïve de l’apport des technologies pour les langues, on a parfois dévalorisé les métiers des langues, que ce soient pour l’enseignement ou la traduction. Les méthodes totalement en ligne avec aucune interaction humaine ne sont pas performantes. Nous connaissons également les limites des outils de traduction en ligne.
L’expertise et l’interaction humaine de l’enseignant restent fondamentales. Cette interaction pourra se faire en présentiel et/ou à distance en temps synchrone (mondes 3D, chat vidéo) ou en asynchrone (par l’écrit ou la captation vidéo) sous des supports variés (classe, en ligne, sur téléphone). Mais il faut du temps et des moyens encore pour généraliser ces pratiques hybrides de formation.
Les TIC enrichissent les pratiques communicatives et multiplient les occasions d’apprendre et d’enseigner mais c’est à l’enseignant-expert de choisir le bon dispositif numérique pour l’apprenant et de lui donner l’intention pédagogique qui favorisera l’apprentissage.

Merci beaucoup David et à bientôt !

Pour plus d’information :

Le blog de David Cordina :http://davidcordina.free.fr

La plateforme Ning de l’Alliance française de Bombay, Mumbaikar in French : http://afmumbai.ning.com

alliance-francaise-bombay

Posted in FLE.

Écrire sans frontières

A l’Alliance Française de Bombay, les étudiants peuvent communiquer entre eux mais depuis quelque temps déjà, certaines classes s’ouvrent de plus en plus au monde entier grâce à des projets d’e-tandems. Retour sur une pratique ancienne que les technologies TIC revalorisent.

etandems

etandems

Duo gagnant

Le tandem tel que l’université allemande de Bochum l’a défini dans les années 1970  met en relation deux locuteurs souhaitant apprendre la langue de l’autre, par un dispositif équilibré d’échange de paroles : 30 minutes d’anglais pour un français 30 minutes de français pour l’anglais, par exemple. Les rôles enseignant-apprenant alternent et la posture de chaque acteur est volontairement modifiée. Ce dispositif met en avant également des modes d’apprentissage informel avec une mise en valeur de l’approche collaborative entre pairs. A l’Alliance Française de Bombay, les etandems ne prennent pas cette forme mais ils essayent pourtant de garder la logique gagnant-gagnant.

En octobre 2010, les etandems menés sous la balise twitter #indofr ont permis aux lycéens de Laurence Juin du lycée Doriole de La Rochelle et à une classe d’étudiants indiens d’échanger sur la culture indienne. Les français avaient des attentes et des questionnements sur la culture, les indiens mettaient en pratique leur langue française dans un cadre de communication authentique.

De même, des élèves de 6ème du collège de Wattrelos (encadré par  l’enseignant, Ghislain Dominé) sont venus en janvier 2011 poster dans le cadre de leur cours sur la géographie de la ville de Mumbai, des questions sous format vidéo aux étudiants de Mumbai.

Medellin Mumbai

Medellin Mumbai

D’autres projets sont en cours avec les Alliances françaises de Mexico et de Medellin sous l’impulsion et l’encadrement de Prachee Palsule, Amandine Pallandre et Angélique Gaydier, toutes trois enseignantes de FLE en Inde, au Mexique et en Colombie.  Les discussions foisonnent entre ces classes et de nombreux sujets sont abordés: la chirurgie esthétique, l’avortement, les fêtes religieuses, les drogues, le port de l’uniforme. Les étudiants peuvent connaître la culture des pays comme la Colombie ou le Mexique grâce à la langue étrangère d’apprentissage, dit Prachee Palsule. Le français devient un moyen de communication entre les anglophones et les hispanophones.

Mode d’emploi : contraintes et difficultés

Faire échanger une classe avec une autre classe demande de la part des enseignants un travail de préparation en amont. S’ils partagent déjà un document où ils testent eux-mêmes un mode collaboratif (comme par exemple, le partage d’un document google), le projet peut prendre forme rapidement. Il s’agit de se mettre d’accord sur le support numérique, le mode de communication synchrone ou asynchrone, les attentes de chacun liée à la logique gagnant-gagnant. Ensuite, il faut définir les grandes lignes du scénario pédagogique (durée, acteurs, déroulement, tâches, objectifs, type de productions - texte, image, video (placées sur youtube et incrustées ensuite sur les blogs, cartes postales sonores (outil audioboo)). Ces étapes préliminaires sont importantes pour éviter l’échec car il y a une part d’imprévus qu’il faut prendre en compte dans ces échanges.

Selon cette écriture commune entre deux enseignants, des projets d’etandems peuvent durer une après-midi, d’autres des mois, certains, la vie : les liens numériques aboutissent parfois à de réelles amitiés qui dépassent le cadre et l’intention pédagogiques.

Bientôt viendront dans Mumbaikar in French, de nouveaux etandems iraniens avec Téhéran menés par une nouvelle équipe d’enseignantes, des questions de lycéens finlandais sur Twitter et bien sûr des interventions de français de tout âge et tout niveau qui souhaiteraient partager leur curiosité avec les habitants de Mumbai.

Ce sera une nouvelle occasion pour les étudiants de l’Alliance française de communiquer en situation réelle et de donner un sens à la pédagogie des langues.

Des exemples en ligne :

Blogger http://blogb2mexicomumbai.blogspot.com/,

Mumbaikar in French Ning : Mexico http://afmumbai.ning.com/group/mumbaimexicoetandemb1b2

Medellin : http://afmumbai.ning.com/group/afbombayafmedellin

et sur Twitter - la balise et les listes #indofr toujours en activité.

PS : Comment trouver des partenaires d’E-Tandems ?

C’est un autre sujet que je traiterai plus tard dans un autre article touchant ma pratique personnelle de Twitter.

Posted in FLE.

Des réseaux pour mieux écrire le français

A Mumbai, Bangalore, Kolkata ou Chennai, les étudiants des Alliances françaises profitent maintenant de réseaux sociaux pour pratiquer la langue française et partager leurs expériences d’apprentissage. Présentation de ces projets innovants communautaires.

L’après #msFLE
Derrière cet étrange sigle, #msFLE, se cache une balise, à savoir un mot-clic, utilisée dans le vocabulaire propre aux réseaux sociaux numériques, notamment Twitter pour faire référence à la formation “Médias sociaux et Français Langue Etrangère” qui s’est tenue au mois d’août 2011 à Mumbai. Cette formation de deux jours a été organisée par l’Alliance Française de Bombay en collaboration avec l’Institut Français en Inde (service linguistique) et l’école internationale DAIS (Ambani School).
Twitter a en effet permis à plusieurs participants (ceux de Mumbai, Prachee Palsule et David Cordina, à Chennai, Shanthipriya Srinath, à Bangalore, Geetanjali Shrivastava, à Kolkata, Arpita Duta et  à Bhopal, Neha Baghat) de rester en contact pour se lancer dans des projets communs de communautés pour les apprenants de français de leurs alliances respectives.

La formation du mois d'août 2011

La formation du mois d'août 2011

Qu’est-ce qu’un réseau social apprenant ?
Ces sites sont des réseaux sociaux (techniquement proches de ceux que le grand public connaît, tels que Facebook ou Linkedin) qui sont, ici, dédiés à une intention et une pratique pédagogique. Ces quatre réseaux visent à développer l’écriture de la langue française par une pratique régulière de l’écriture sur Internet. Les sites s’adressent à tous les niveaux bien que les niveaux intermédiaires et avancés (B et C) soient privilégiés  parce que l’écrit est le canal de communication le plus utilisé.

Des milliers de contributions (celui de Mumbai compte plus de 1350 membres), se développent des écritures tutorées et spontanées, allant de la simple socialisation - un simple bonjour dans le clavardage - à l’exercice de cours ou aux discussions spontanées - de longs textes argumentatifs de plus de 300 mots. De la part des concepteurs et des enseignants animateurs, il s’agit de développer une pratique formelle et informelle de l’apprentissage de la langue française.  Les enseignants viennent proposer des sujets et apportent des corrections aux textes des étudiants. Les sites peuvent offrir également des outils d’auto-apprentissage proposant des sitographies liées aux réseaux.
Enfin, outre l’enrichissement qu’ils apportent aux centres de langue, ils présentent  une vitrine numérique innovante d’un enseignement moderne des langues vivantes.

“Des bergers numériques”
Formés aux dernières pratiques numériques, les enseignants, porteurs de ces projets, se sont formés au métier d’animateur de communautés. On retrouve le schéma (présentée par Isabelle Quentin, doctorante-chercheur en sciences de l’éducation) de transfert de connaissances entre les communautés enseignantes et apprenantes sur Internet. Dépassant les phases de sociabilisation (renforcée par la rencontre réelle du mois d’août 2011) et d’externalisation de leurs pratiques et de leur veille, ces enseignants sont passés à la vitesse supérieure en franchissant deux nouvelles étapes : la combinaison de  leur savoir-faire pour des projets communs et enfin une phase d’internalisation, à savoir,  la création de leurs propres communautés.

Il faut saluer enfin l’engagement des directeurs des cours, Fanny Carril, François Dabin et David Cordina pour soutenir ces projets : financièrement car c’est la plateforme payante de réseau dédié Ning qui a été choisie et également dans la rémunération du travail des enseignants-animateurs.

Voici les liens de ces nouvelles  communautés d’apprenants indiens :

http://afmumbai.ning.com
Mumbaikar in French animé par l’équipe des enseignants de Mumbai dépassera bientôt les 1400 membres et l’outil est intégré aux pratiques des enseignants et des étudiants. Il est en fonction depuis octobre 2010.

http://afdubengalejogajogweb.ning.com/
Lancé en septembre 2011, le réseau JogaJog web a très bien commencé. Il est plus calme depuis décembre 2011 car un changement de gestion pédagogique est en cours.

http://afbangalore.ning.com/
Français Mathadona - “Ici on parle français”  a vu le jour au mois de janvier. Les premières expérimentations sont lancées. La participation des étudiants commence bien.

http://french-collegeroad.ning.com/
Le dernier né, Rendez-vous in Chennai, est lancé. La participation est active.

http://afdelhi.ning.com
Le dernier né, French in Delhi (version beta) vient de sortir à la suite  de la formation donnée entre le 26 et 27 mars 2012.

Pour davantage d’information et de description des usages des réseaux sociaux en langue vivante.
Cordina, D. (2011) : Design TIC pour la pédagogie des Langues, portfolio professionnel, novembre 2011
Quentin, I. (2012). Les communautés d’enseignants : organisation et mode de fonctionnement. Revue en ligne Actualitice, février 2012.

Posted in FLE.

Pérennité des communautés apprenantes

Dans le cadre de cours de langue, ici, le français langue étrangère (FLE) je gère depuis cinq années des communautés en ligne apprenantes, ou pour dire plus simplement, plusieurs classes d’étudiants étrangers qui viennent sur un site contribuer.

Quels outils depuis 5 ans ?
J’ai commencé à utiliser des plateformes fermées LMS (Learning Management System, Moodle, Accel, Claroline - du type ENT - environnement numérique de travail) pour passer en 2008 sur des réseaux sociaux comme Elgg, Ning ou Twitter.

Facebook n’a jamais été au coeur de mes préoccupations pédagogiques pour dissocier ce géant médiatique des réseaux pédagogiques dédiés que je mettais en place et aussi parce que je consacrais l’usage de FB à des fins de communication marketing. (Et oui, les centres où je travaille sont exposés au marché concurrentiel de la formation en langues et nous devons attirer de nouveaux étudiants).

Les semestres passent, les rentrées se suivent, les inscriptions restent : Foreigners in Lille a plus de 1800 étudiants inscrits. Mumbaikar in French vient de dépasser les 1000 inscrits.

Ma question : comment gérer ces outils lorsque les communautés vieillissent et que les projets se pérennisent ?

1. Perdurer l’environnement d’apprentissage même aux alumnis:

Graphe Social - Mumbaikar in French

Graphe Social - Mumbaikar in French

Que faire des alumnis ? Ce terme latin utilisé par le monde anglophone désigne les anciens étudiants ayant quitté le dispositif d’enseignement. Les anciens élèves. Quelle place leur laisser et quel est leur rôle dans un réseau social ouvert ?

Dans nos réseaux, ils restent présents car leur profil n’est pas supprimé. Nous souhaitons les garder à dessein, car on observe quelquefois (et l’équipe des gestionnaires les sollicitent) des échanges entre les alumnis et les apprenants présents dans nos classes. Ici se révèle la puissance de communication interclasses et  interpromotions d’une communauté apprenante.

De plus, ces anciens étudiants peuvent rester en contact avec la langue étudiée et continuer à lire les écrits en construction des étudiants dans le dispositif de classe. L’intention est d’offrir toujours un environnement où l’acte d’apprentissage s’affiche et qui invite les autres à s’y joindre.

Les écrits pris en charge par des enseignants dans leur groupe (dispositif formel) entraînent, par effet de boule de neige, les contributions informelles. (voir l’article ici)

2. Les archives des groupes : les supprimer ou non ?

Les comptes des anciens étudiants restent mais, en revanche pour une meilleure gestion, leurs groupes sont à supprimer.

Il est toujours difficile de supprimer un groupe et en même temps toutes ses discussions mais pour une meilleure visibilité et permettre aux nouveaux arrivants une meilleure accessibilité, il faut supprimer certains groupes.

Ici, se pose le problème technique de l’archivage : les outils en ligne comme Ning sont faibles ici pour gérer ces difficultés. Sur ce point, les plateformes installées sur des serveurs dédiés dominent ces outils. A l’université de Lille1, j’avais la chance d’avoir un soutien technique et des ingénieurs qui me permettaient d’archiver efficacement les anciennes données. Les services d’archives sont donc limités mais, dans la vie réelle, gardons-nous toutes les copies des étudiants ?

La difficulté réside parfois dans l’intitulé de ces groupes redondants. Il n’est jamais facile de nommer un projet éducatif qui perdure. Pourtant cette désignation est à prendre en compte au début du projet.

Je me rends compte que mon illustration n’est pas adéquate. Je vous parle de gestion temporelle et je montre un graphe.

A reprendre…à suivre donc…

Posted in FLE.

Un réseau social dédié au FLE : retour sur un an d’existence

Mumbaikar in French

Mumbaikar in French

Le réseau apprenant Mumbaikar in French est le premier support de la pédagogie numérique mise en place à l’Alliance Française de Bombay. (Les autres outils sont décrits ici : environnement et panoplie numérique de l’AFBombay).
Les projets blogs y étaient déjà présents : le terrain était donc propice à de nouvelles expérimentations.

Riche de l’expérience de Foreigners in Lille et suite au constat qu’il était très facile d’implanter dans les habitudes numériques des étudiants urbains de Bombay (en moyenne d’âge 21 ans et à 80% féminin), un nouveau projet sur l’outil Ning s’est ouvert et a vite pris de l’ampleur.
Le réseau social dédié à la pratique et à l’apprentissage de la langue française, Mumbaikar in French regroupe, depuis octobre 2010, une communauté indienne francophone de plus de 1000 étudiants qui viennent se socialiser et publier en ligne leurs productions textuelles en langue française. Depuis sa création, le site s’est ouvert aux apprenants puis à des internautes venant de l’extérieur du réseau éducatif de l’Alliance Française de Bombay : Indiens francophones, enseignants, francophones intéressés.
Un des objectifs pédagogiques principaux est d’encourager la production écrite des apprenants en leur proposant de rédiger des messages sur des forums de discussion, sur des blogs ou sur les pages personnelles des membres du site.

L’approche actionnelle mise en avant dans ce dispositif d’environnement numérique est de faire émerger de réelles situations authentiques de communication. Même si les étudiants répondent aux scénarios des enseignants dans un cadre formel d’apprentissage ici, le réseau devenant le prolongement numérique des activités menées en classe, les étudiants co-écrivent, communiquent, collaborent et interagissent.
De fait de son ouverture sur Internet, il offre également un cadre informel propice aux formes d’écriture plus innovantes qui mettent en avant le brouillage des frontières entre l’apprentissage formel et informel et la question de la gestion pédagogique de ce genre d’outil.

Dès lors, de la description de cet outil et de son fonctionnement se posent de nouvelles questions.
Quels sont les rôles technique et pédagogique de l’enseignant, gestionnaire d’un réseau social dédié à l’apprentissage d’une langue étrangère (ici le Français Langue Etrangères) en termes d’apprenance, d’enaction et de vicariance ?
Quelles sont les nouvelles tâches de l’enseignant de langue pour favoriser et accompagner l’émergence d’écrits spontanés et d’acquisitions langagières ?

A suivre

Posted in FLE.

Rôle de l’enseignant dans un réseau social d’apprenants (en construction)

Rôle de lenseignant bloggueur - 2005 F. Guité

Rôle de l'enseignant bloggueur - 2005 F. Guité

Quel est le rôle de l’enseignant et du gestionnaire d’un réseau social dédié à l’apprentissage d’une langue étrangère (ici le Français Langue Etrangère) ?
Comment l’enseignant doit-il favoriser et accompagner l’émergence d’écrits spontanés ?

Pour une présentation générale du réseau - voir ici.

Les nouvelles tâches de l’enseignant pour l’utilisation d’un réseau social:
Déjà en 2005, François Guité définissait bien les rôles de l’enseignant bloggeur dans les carnets Opposum (voir image) : organiser l’implantation du blog, sensibiliser les étudiants, coordonner l’activité, accompagner les étudiants dans l’écriture spécifique aux blogs, et superviser son utilisation.

Dans le projet Mumbaikar in French, je reprends ces points en les complétant par l’expérience:

Proposer une nouvelle forme d’accompagnement pédagogique :
Toute l’équipe enseignante est présente sur le réseau en tant que membres. Chaque enseignant a son groupe-classe. Le réseau suit l’organisation des groupes présentiels.
Le directeur pédagogique et trois enseignants gèrent l’animation générale du site. Ce dernier groupe a, de plus, également créé un avatar AFGuide dont l’identifiant est partagé par plusieurs enseignants qui viennent proposer un tutorat correctif. AFguide : Je suis le guide francophone qui vient vous aider pour écrire vos textes.

Accueillir – socialiser les membres de la communauté
Il s’agit d’accueillir par un mot de bienvenue les nouveaux inscrits, de leur faire connaître la charte d’utilisation, de répondre aux questions techniques et d’adopter une attitude de bienveillance en ligne.
Nous reverrons que cette attitude d’accompagnement à l’apprentissage est capitale.
Du côté étudiant, cette première étape joue un rôle important pour leur socialisation en ligne complémentaire des rapports réels en classe. Mais il ne s’agit pas de rester à cette étape.

Catalyser l’écriture – Faire émerger l’écrit d’une façon informelle
Le rôle des enseignants m’apparaît être proche de celui d’une “enzyme” qui catalyse les participations des étudiants. Toutes les contributions ne se génèrent pas en effet de façon spontanée. Il faut des sollicitations, des projets, des tâches qui dépassent la simple inscription au site.

Désinhiber
Les enseignants doivent désinhiber et encourager l’acte d’écriture et, de surcroît, en langue étrangère. Les enquêtes (réalisées par les étudiants Shwetal Randive et Benoit Haslé (Master 2 Grenoble et Master 1 didactique du FLE - mars 2009) sur les usages du site révèlent que ce point est le plus délicat pour les étudiants qui n’osent pas écrire de peur de montrer publiquement leurs erreurs.
Le tutorat correctif joue ici, un très grand rôle.

Fonctionnement du tutorat par vignettes et médiation
Ce dernier fonctionne par un système de vignettes qui (de petites images à insérer dans le texte) utilisées par les enseignants et les étudiants sont de trois sortes : “texte non corrigé”, “texte en construction”, “texte corrigé en classe”. (Une nouvelle fois, inspiré par les carnets d’Opossum - Mario Asselin)
Texte en constructionTexte non corrigéTexte corrigé en classe

Ces estampilles résolvent le problème de la publication du texte erroné en rendant visible son statut à l’étudiant rédacteur, à la communauté et à l’internaute visiteur.
En un deuxième temps, l’enseignant insère ses corrections linguistiques dans les commentaires. Le statut de l’erreur ici est bien sûr pris en compte non pour sanctionner mais au contraire pour favoriser la production du prochain texte. Il faut bien évidemment dépénaliser l’erreur et mettre en avant les compétences pragmatiques de communication.

Sur quoi écrire ? Apprentissage formel et informel - ouverture de la classe à la sérendipité

Comme nous l’avions déjà écrit, le réseau supporte un apprentissage formel.
L’approche actionnelle mise en avant dans cette pédagogie de l’écrit s’inscrit dans un environnement numérique de situation authentique de communication. Les textes proviennent le plus souvent d’activités menées en classe mais du fait de leur médiatisation, les interactions avec les autres inscrits de la communauté sont possibles.
Cependant, de fait de son ouverture sur Internet (nous acceptons les francophones natifs ou autres personnes intéressées), il offre de plus un cadre informel propices aux formes d’écriture plus innovantes.

Tâches ouvertes dans un cadre informel : quelques exemples
L’enquête qu’un journaliste de Phosphore a postée en mars 2011 sur le forum du réseau a permis aux étudiants de répondre en français dans un cadre réel de communication. L’activité a émergé par elle-même sans intention des enseignants. C’est par l’annonce sur Twitter de l’activité du réseau que le journaliste est venu poster une enqûete sur l’impact de la série TV américaine Friends sur le public indien.
De même par sérendipité (l’art de solliciter les rencontres fructueuses) et par contacts Twitter entre enseignants, des élèves du collège de Wattrelos (enseignant, Ghislain Dominé) sont venus en janvier poster dans le cadre de leur cours sur la géographie de la ville de Mumbai, des questions sous format vidéo aux étudiants de l’Alliance.
Idem, en octobre 2010, les tandems #indofr qui, à l’instar de ce qui avait été fait en 2010 avec les échanges entre étudiants chinois de l’Université de Lille1 et lycéens de Laurence Juin du lycée Doriole de La Rochelle ont permis aux nouvelles classes de ce même professeur d’échanger avec une classe d’étudiants indiens.
Des échanges gagnant-gagnant entre communauté se mettent en place. Des échanges gagnant-gagnant entre communautés se mettent en place. D’autres projets ont eu lieu et sont en cours avec Mexico et Lille.

Accompagnement Vicariant
Voici l’extrait d’une lecture Michel Monot qui, dans son site sur la Pédagogie de Maîtrise à effet vicariant, présente quelques aspects des travaux de Maurice Reuchlin et Albert Bandura au sujet de l’apprentissage vicariant. Voir le site
Pour BANDURA, l’expérience vicariante, c’est-à-dire, l’opportunité de pouvoir observer un individu similaire à soi-même exécuter une activité donnée, constitue une source d’information importante influençant la perception d’auto-efficacité. Cette expérience vicariante vaut pour les adultes comme pour les enfants, dans le domaine professionnel comme dans le domaine scolaire, voire dans bien d’autres domaines, y compris médical.C’est à dire en observant le comportement des autres et les conséquences qui en résultent pour eux. L’apprentissage vicariant ne dispense certes pas dans tous les cas de l’expérience directe, mais il permet le cas échéant de la faciliter et incite à s’y investir si les conséquences observées sont positives. Le fait de pouvoir apprendre par observation rend en effet les individus capables d’acquérir des comportements ou des savoir-faire sans avoir à les élaborer graduellement par un processus d’essais et d’erreurs affirme BANDURA, qui se démarque ainsi des thèses habituellement béhavioristes des anglo-saxons.

Pour Mumbaikar et Foreigners in Lille, riche de cette conception, comment voyons-nous alors le tutorat et la vicariance développée ?

Le postulat de départ des enquêtes est l’impression que la correction des production des apprenants telle qu’elle est faite sur les réseaux profite moins à celui qui produit qu’au lecteur de la production corrigée.

La correction telle qu’elle est pratiquée sur le site est « directive », c’est-à-dire que le tuteur corrige en barrant et proposant une correction alternative aux erreurs commises par le participant au réseau.
Cette façon de corriger apparait intrusive et pose question (aux enseignants) de son efficacité ?

La correction sur les réseaux sociaux dédiés FLE est satisfaisante pour les participants à l’enquête. Les corrections sont réutilisées par presque tous les participants à l’enquête, et pour le reste des personnes actives sur le site. La correction sert celui qui produit comme celui qui lit.
La correction est efficace telle quelle est pratiquée. Cependant, beaucoup de participants réclament l’introduction d’un code de couleurs pour la rendre plus lisible et pour qu’elle soit plus facilement réutilisable.

Nous parions également que le réseau développe une vicariance et motivation d’écrire qui permet aux apprenants d’acquérir de nouvelles compétences en écriture et compréhension écrite.

A suivre
Merci à @samdrine @mariosasselin @frompennylane @lannoy29 @francoisguite @fmeichel

Posted in FLE.

Vizafle roumain et communautés apprenantes

Le lancement du site VizaFLE a eu lieu lundi 21 mars en Roumanie. A l’initiative du Service de coopération et d’action culturelle (David Maguet), ce site se présente comme un portail de ressources éducatives associé à un réseau social. Ce réseau professionnel  se tourne vers les enseignants du second degré mais peut également répondre aux besoins des enseignants d’Alliance ou d’Institut.

Présentation du site sur le magazine Latitudes France.

J’ai présenté, à cette occasion, mes initiatives dans les mêmes domaines (réseau social dédié à l’apprentissage). Ma présentation avait comme objectif premier de convaincre du bien-fondé des réseaux sociaux pour fomenter des communautés enseignantes. En analysant différents exemples déjà existants sur Internet, et en essayant de faire un point théorique sur ces entreprises collectives, j’ai proposé quelques recommandations pour consolider ces mouvements participatifs qui visent un co-apprentissage par la mutualisation de ressources, de savoir-faire et d’expertises.

En plus de la description des communautés enseignantes, j’ai insisté enfin sur ce que l’Alliance Française de Bombay réalise déjà: à savoir, un transfert de connaissances qui lui permet de créer un réseau social d’apprenants de langue FLE.

Voici le support de ma présentation (sur l’outil Prezi).

Posted in FLE.

Twitter en classe de langues à l’AF de Bombay - un bilan

En ces temps d’éclosion de #Twittclasses, je viens préciser dans le cadre des usages ( de l’Alliance Française de Bombay) nos emplois de Twitter en classe de langue.

Ils s’inscrivent dans la pédagogie des langues étrangères : celui du Français pour apprenants étrangers, ici Mumbaikars, indiens de la ville de Bombay. (Français Langue Etrangère - FLE)

Nous sommes trois enseignants @pracheeFLE @shwette @w2YDAvid

114 étudiants ont leur compte et se sont inscrits à la liste #indofr. On retrouve également dans cette liste les lycéens de @ladeuxiemeannee de Laurence Juin car le projet “e-tandems” en novembre avait permis de faire échanger les classes de Prachee et Laurence.

1. En détails :
Prachee Palsule utilise dans ces classes Twitter pour proposer des tâches et dans un souci de garder un lien avec ses étudiants.
Allez voir sa TL - et on comprend très bien l’usage. Ses tweets forment un tableau de bord et carnet de route du cours. Ses étudiants répondent aux sujets d’exposés proposés en asynchrone. Il faut noter également les travaux sur l’étymologie (avec la balise #ety) . J’essayerai de questionner prochainement Prachee sur ses pratiques.

2. En synchrone
Malheureusement, l’AF de Bombay n’a aucune salle multimédia et nous ne pouvons utiliser l’outil comme j’avais déjà expérimenté pour les activités de compréhension orale et production écrite collective (avec l’outil etherpad, typewith.me). Voir cet article.

3. Animation générale et apprentissage informel : une didactique invisible
De mon côté, en regroupant tous ces apprenants de langue française, et dans ma position de directeur pédagogique (mais sans classe), j’essaye le plus possible de solliciter les étudiants en langue française pour qu’ils produisent des tweets en français en dehors de la classe et après le cours.
Ca marche très bien chez certains comme chez l’étudiant Frenchberrys qui se crée un compte spécial apprenant de langue française alors qu’il garde son autre compte pour utiliser twitter à d’autres desseins.
Les mêmes interactions se font avec d’autres étudiants et également sur la page Facebook.

Nous gardons ainsi un lien et un continuum relationnel avec les étudiants. Et il semble chercher à poursuivre l’expérience qu’il acquiert par ces outils (lien apprenant et expérience du réseau social Mumbaikar in French sur des outils mobiles.

Le tout est mené pour que les étudiants produisent (sans une arrière pensée d’apprendre) mais dans une logique actionnelle de communication réelle.
Une identité apprenante est donc favorisée dans une construction - on produit, on écrit, on écrit sur son apprentissage, on accède à l’autonomie - une énonciation se crée donc, ce qui favorise une construction de l’identité langagière dans la langue cible.

Les connexions entre Ning et Twitter permettent également de faire croiser les communautés et d’alerter par le microblogging les lecteurs (les internautes.. les autres d’ailleurs). C’est un facteur de sérendipité : Le tweet commence toujours par “Découverte….”

4. L’usage des balises pour Twitter en pédagogie #indofr
Je suis plutôt adepte d’encourager les étudiants d’utiliser les balises car certains de nos étudiants utilisent Twitter avec d’autres intentions. Le fait d’écrire la balise est un acte volontaire. Je l’avais déjà expliquer avec les étudiants du master des Sciences de l’Education #eduIPM. Voir : l’usage coopératif de Twitter avec l’éclosion d’une communauté.
De plus, cette balise permet de croiser de nouvelles communautés comme nous l’avions fait avec Laurence Juin avec #sinofr (e-tandems entre chinois et lycéens français) et #indofr (même projet avec des étudiants indiens.)


Posted in FLE.

Articles à préparer…

Je n’écris pas assez d’articles sur ma pratique.
Je réalise des projets sans assez les commenter et leur donner une analyse réflexive.

Il faudra donc que j’écrive sur :
- un compte-rendu pour la revue ALSIC : sur Apprentissage des langues - Ressources et réseaux.
cet article devrait reprendre pas mal de remarques que je dois faire sur :
- mes usages de Twitter en examen également avec les #eduIPM et en classes de langue
- la sérendipité (encouragée) par les balises Twitter #indofr
- la mise en place et l’animation de Mumbaikar in French
- l’expérimentation de l’Opensim

Posted in FLE.

Un bilan numérique des actions 2010

Panoplie numérique de lAF Bombay

Panoplie numérique de l'AF Bombay


Je fais cette synthèse sur Tumblr. Je ne peux m’empêcher de choisir ce format.

Le court blog présente, à cette adresse, les outils TIC numériques de l’Alliance Française de Bombay développés depuis 2010.
Pour quels usages et quelles intentions ?
- Pour que l’Alliance soit présente sous des supports variés du web obéissant à des logiques de communication et de e-pédagogie (pour dire vite) différente. Une logique également transmédia peut apparaître également avec les mondes virtuels, les projets TV et les autres médias traditionnels (presse, TV, avant tout).
- compenser nos difficultés pour regrouper notre communauté : la faiblesse patrimoniale de nos lieux de cours et culturels ne favorise pas les regroupements autres que la classe ou les lieux de culture habituels (auditorium, médiathèque). Nous ne disposons pas des couloirs, de hall, de panneaux d’affichage dignes de ce nom. Les échanges d’informations informels peuvent être développés. Bien que nous soyons chaque année, 4000 (étudiants, enseignants, direction), les échanges peuvent être optimisés.

(à voir sur le tumblr)

Posted in FLE.